MERCI CLAUDE !!!

 

La nouvelle est tombée dimanche dernier. Claude nous a quitté.

Quelle tristesse…

Quel chagrin….

Pour celui qui aura été probablement LE supporter n°1 du club depuis des décennies. Habitant à Sully, lui qui avait plutôt joué au basket dans sa jeunesse, Claude a découvert notre sport dans les années 80 en emmenant ses deux garçons Laurent et Ludovic à l’école de handball alors qu’ils savaient presque à peine marcher. Dans les tribunes, en supportant l’équipe 1, le samedi soir, il va devenir passionné de handball et tomber, je crois, amoureux fou du club…un amour qui durera toute sa vie.

Parents de joueurs d’abord, supporter acharné, Claude va vite s’investir dans le club en tant que bénévole puis devenir dirigeant et membre incontournable du conseil d’administration pendant de longues années.

Il sera investi. Très investi. Avec Claudette sa femme ou encore d’autres membres de sa famille tels Micheline et Olivier ainsi que tous les bénévoles du club, il sera sur tous les fronts…Vide grenier, vide armoire, Loto, soirées, « manifs » diverses…Claude répondra toujours présent,souvent à la buvette, à griller devant le barbecue ou encore aux frites, le tout sans compter ses heures…Un vrai bénévole…Toujours de bonne humeur. Toujours enjoué…Tellement rare de nos jours.

Les soirs de matchs, tous ceux qui sont venus un jour à « Jourdain’ ont obligatoirement croisé Claude avec son regard malicieux et espiègle. Pendant plus de 20 ans, il aura géré l’entrée du gymnase côté spectateurs avec toujours un mot affectueux pour chacun avant d’assister à la rencontre…Toujours au même endroit….

Et gare aux joueurs Sullylois qui n’auraient pas « mouiller » la tunique « jaune et bleu…Gare aux joueurs qui auraient raté leur match, le debriefing de Claude qui ne mâchait pas ses mots pouvait être terrible et sans appel surtout les soirs de défaite. Faire, défaire, refaire le monde du handball était source de grandes et interminables discussions …Avec son caractère bien trempé, bien tétu, le ton pouvait monter parfois…Peu importe cela ne durait vraiment longtemps car Claude était surtout un gentil…Mais, oui, c’était un passionné…Avec ses excès…

En revanche, à chaque victoire, il était heureux comme un gosse…toujours prompt à offrir la tournée à toute l’équipe…Certains joueurs qui avaient bien joué pouvaient même avoir l’immense prestige d’être appelé « Titi »…C’atit son adoubement…Et oui, nous les joueurs du groupe 1 …Nous étions ses enfants, ses « Titis »…Ils nous aimait tout simplement toujours avec tendresse…Même si évidemment, en toute objectivité, « Lolo et Ludo » étaient les deux meilleurs joueurs….

Et ses « Titi » , pendant plus de 2 décennies, il va les suivre partout, absolument partout…Avec l’équipe, il a parcouru toute la France. Supporter tous nos excès de jeunesse, rigoler avec nous, chanter avec nous, manger avec nous, boire avec nous, danser avec nous….Biard, Lanester, Royan, Pau, Cherbourg, Paris et sa halte au « Old navy »….Il aura écumé tous les gymnases de France…Claude faisait parti du groupe tout simplement. Il a assisté à toutes les grandes victoires, tous les derbys, toutes les montées à l’image de la saison dernière avec la remontée en N3, des barrages à Chatenay en 2002 ou encore plus récemment à Bourg de Péage…Malgré les 1000 km pour un match, un dimanche…Il était là..Il n’aurait raté ça pour rien au monde…Evidemment, il a participé à la fête. Il était le fer de lance des anciens qui nous accompagnaient chaque week-end et surnommés à tour de rôle « le club Pyramide » ou encore comme il est dit dans une chanson « la 7ème compagnie » avec Bernard, Olivier et Christian….toute une époque !!! Oui Claude avait sa propre chanson au club…Au son de la guitare et de l’accordéon…Il adorait l’entendre et la réclamait…

 

«  Quand Claude fait Waterloo, il n’en a pas bu de trop

Si prêt de la victoire, la lutte était ardente et noire

Il faut l’ravitailler, sinon il va s’écrouler,

la baionette au poing, la victoire est entre ses mains…

(…)

Même à chaque déplacement,

Dans l’car, c’est le restaurant,

Car malgré la défaite,

C’est cochonaille, vin rouge, rillette…

Pour boire ils viennent de loin,

Les Bordes, Lion, Saint Martin

Ca se passe, tous les samedi, l’club Pyramide est de sorti…(…)

La 7ème compagnie, Chef Chaudart, Pithiviers, Tassin enfin réunis

Pour être au saoul au son de l’acordéouuuu

En laissant, les p’tites femmes loin de nous

Pour s’amuser, pour chanter, pour rigoler

Waterloo et….on remet une tournée… »

 

Et puis bien évidemment..Comment ne pas évoquer la mémoire de Claude sans un petit « Waterloo »…OOOOh non, il ne se faisait pas prier bien longtemps pour ce moment, son moment, indispensable à toute soirée « made in CSM Sully HB » réussie…Tous les joueurs qui ont évolué en équipe 1 ces 25 dernières années auront des frissons en entendant juste ce début de phrase …… « la luuuuuutte était ardente et noire, il avait l’offensive et presque la victoire !!!!!!! »…Oui Waterloo d’après les vers de Victor Hugo qu’il avait appris par coeur lorsqu’il était enfant, c’était bien son moment….Il les clamait, les récitait les jouait, les surjouait, les hurlait pour notre plus grand bonheur et parfois à la plus grande surprise des passants en observant ce curieux spectacle…car son « Waterloo » il l’aura jouer partout… au local, dans les gymnases, dans les restaurants, dans les bars, dans les stations services à 4h du matin sur le chemin du retour….oui partout….Victor Hugo aurait-il conclu à et instant .

 

Mais fini la rigolade….Les choses redevenaient sérieuses lorsqu’il s’agissait de l’affronter à la pétanque…A ce moment là, il ne fallait surtout pas plaisanter. Licencié au CSM Sully pétanque, l’une de ses autres passions dévorantes, il pouvait passer de longues heures au complexe du hameau où son fameux « tape la boule » avant de jouer était connu de tous…Et la boule, souvent il la tapait avec réussite…C’était un très bon joueur….

 

Mais Claude, au handball, ce n’était pas que les seniors garçons…Il suivait toutes les groupes du club…La reserve, ses « chouchous » de l’équipe filles, les loisirs, d’autres clubs aussi…Et puis le samedi après midi, il assistait régulièrement à toutes les rencontres des équipes jeunes. Equipes jeunes de Sully où tous ses petits enfants ont évolué ou évoluent toujours…D’abord Amandine et Valentin puis Nathan, Jeanne, Louise et Enael, le petit dernier au sein de l’école de handball. Claude et Claudette ont assuré une grande lignée de handballeurs Sullylois.

 

Aujourd’hui, la section Handball a perdu l’un de ses piliers, l’un de ses repères, l’un de ses hommes qui ont fait l’histoire du club…

 

Aujourd’hui, tous tes titis sont immensément tristes…

 

L’annonce de sa disparition aura été un choc pour beaucoup d’entre nous…Pour preuve, vos très très nombreux « like » vos innombrables témoignages tous plus émouvants les uns que les autres ont inondé la page FB du club. Certains messages, certaines anecdotes, certains mots choisis ont été bouleversants à lire… Un grand merci à vous…Claude aurait adoré…

 

Ce matin, nos pensées se tournent tout naturellement vers tes enfants Christine, Laurent et Ludovic et tous tes petits enfants…

 

« Et à titre personnel, je peux te le l’avouer maintenant…le 1er verre de « jaune » que tu m’as servi lorsque tu m’as accueilli chez toi pour la 1ère fois parce que j’étais le pote de tes deux garçons il y a presque 30 ans maintenant ..Il était quand même un peu fort…il n’y avait pas beaucoup d’eau…Même sur ça, tu étais plus que généreux…Claude et Claudette…Je ne vous oublierai jamais…. »

 

Tu vas nous manquer…Merci pour tout…

 

Repose en paix Claude.

 

 

Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l’offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois.
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l’horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : Grouchy ! – C’était Blücher.
L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme,
La mêlée hurlant grandit comme une flamme.
La batterie anglaise écrasa nos carrés.
La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,
Ne fut plus, dans les cris des mourants qu’on égorge,
Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;
Gouffre où les régiments comme des pans de murs
Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs
Les hauts tambours-majors aux panaches énormes,
Où l’on entrevoyait des blessures difformes !
Carnage affreux! moment fatal ! L’homme inquiet
Sentit que la bataille entre ses mains pliait.
Derrière un mamelon la garde était massée.
La garde, espoir suprême et suprême pensée !
« Allons ! faites donner la garde ! » cria-t-il.
Et, lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,
Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,
Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,
Portant le noir colback ou le casque poli,
Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,
Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête,
Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.

 

Victor Hugo et…Claude Masson.

1caude142505751_696839020993096_1849231409913513436_nDSC00993waterllo

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera jamais rendue publique ni utilisée.

(obligatoire)
(obligatoire)


+ six = 10